Fiscalité du véhicule de société : le guide complet
pour optimiser vos coûts en 2026

La fiscalité d'un véhicule professionnel représente un levier d'optimisation majeur pour votre entreprise. Entre l'amortissement plafonné, les règles de récupération de la TVA et l'évolution constante des taxes (comme l'ex-TVS), on peut rapidement se sentir perdu.

Ce guide complet est conçu pour vous, gérant, DAF ou artisan, afin de vous donner toutes les clés pour faire les bons choix. L'amortissement, la TVA, les taxes annuelles, le bonus/malus, les conséquences fiscales selon les catégories de véhicules ou les avantages spécifiques des véhicules électriques… Suivez le guide dans les arcanes de la fiscalité automobile.

L'amortissement d'un véhicule de société : règle, plafonds et calcul

Ce sont avant tout les besoins de votre entreprise qui déterminent l'achat d'un véhicule, mais il est possible d'optimiser cet investissement avec l'amortissement comptable et l'amortissement fiscal. Ce procédé se pratique également avec les véhicules d'occasion.

Qu'est-ce que l'amortissement comptable ?

L'acquisition d'un véhicule de tourisme ou d'un utilitaire est un actif immobilisé qui s'inscrit au bilan de l'entreprise, et fait l'objet d'un amortissement qui tient compte de l'utilisation du véhicule dans l'année et de la dépréciation qui en découle. La durée d'amortissement est généralement de 5 ans.

L'amortissement peut être calculé de manière linéaire, chaque année verra la même somme s'inscrire à l'actif, ou avec une méthode dégressive, où un coefficient est appliqué pour déduire une plus grande valeur en début d'amortissement. L'amortissement dégressif ne s’applique qu’aux véhicules de transport collectif de personnes et aux utilitaires. Une voiture de société n'est pas concernée si c'est un véhicule de tourisme.

Vue aérienne d'un parc de véhicules de société

Qu'est-ce que l'amortissement fiscal ?

L'amortissement fiscal est la part d'amortissement que l'on peut déduire du résultat imposable de l'entreprise. Contrairement à l'amortissement comptable qui intègre la totalité de la valeur, l'amortissement fiscal est plafonné pour les voitures de tourisme, mais la limitation ne s'applique pas aux utilitaires.

Les plafonds de déductibilité en 2026

La fiscalité de la voiture de société est variable selon les émissions de CO2. Le montant déductible d'un véhicule peut varier selon qu'il est thermique, hybride ou électrique, mais également selon son ancienneté. Les plafonds d'émissions ont effectivement été abaissés au fil des années.

Si la location en LOA ou LLD n'est pas amortissable sur le plan comptable, les loyers sont fiscalement déductibles selon les mêmes critères d'émissions.

Tableau récapitulatif : Plafond de déductibilité des amortissements selon le taux d'émission de CO₂ (les types de motorisation sont indicatifs)

Année d'acquisition ou de location du véhicule Plafonds applicables en fonction du nombre de grammes de CO₂ émis par kilomètre
9 900 € (thermique) 18 300 € (thermique) 20 300 € (hybride) 30 000 € (électrique)
2017≥ 156 g60 - 155 g20 - 59 g0 - 19 g
2018≥ 151 g60 - 150 g20 - 59 g0 - 19 g
2019≥ 141 g60 - 140 g20 - 59 g0 - 19 g
2020≥ 136 g60 - 135 g20 - 59 g0 - 19 g
À compter de 2021≥ 131 g60 - 130 g20 - 59 g0 - 19 g

Source : bofip.impots.gouv.fr

Exemples

  • Un véhicule essence ou diesel mis en circulation en 2021 émettant 110 g de CO₂ est acquis 30 000 euros. Les annuités d'amortissement passées en comptabilité sont de 30 000/5 = 6 000 euros. Le montant de l'annuité déductible est de 18 300/5 = 3 660 euros. L'entreprise doit donc réintégrer dans le résultat comptable 6 000 – 3 660 = 2340 euros.
  • Un véhicule électrique acquis pour 40 000 € sera amorti comptablement 8000 € chaque année, et fiscalement 6 000 €.
  • Un véhicule hybride acquis pour 20 000 € sera amorti comptablement 4 000 € chaque année, et fiscalement 4000 € également.

Ainsi, les avantages d'un véhicule varient énormément selon sa nature et son prix. Dans ces exemples, le véhicule thermique alourdit le résultat imposable de 2340 € chaque année, l'hybride l'allège de 4000 €. L'exemple choisi pour l'électrique met en lumière le fait que c'est l'achat de voitures électriques légères qui est fiscalement encouragé pour un véhicule de fonction ou une voiture de service.

Véhicules utilitaires en concession

Le cas particulier du véhicule utilitaire (VUL) :
aucun plafonnement

Contrairement au véhicule de tourisme, l'amortissement d'un véhicule utilitaire n'est soumis à aucun plafonnement. Quel que soit son prix ou son énergie, c'est l'intégralité de la somme comptablement amortie qui peut être déduite du résultat fiscal.

Est considéré comme utilitaire un véhicule de 3 places assises maximum, dont l'usage professionnel est clairement établi.

Concernant les taxis ou VTC, s'ils ne sont pas catégorisés utilitaire administrativement (immatriculation M1), ils le sont fiscalement et bénéficient des mêmes avantages.

Récupération de la TVA sur les véhicules : le guide par type de véhicule

Un véhicule de tourisme (VP) : la TVA maintenant récupérable sur l'achat

Depuis le 30 avril 2025, la TVA sur les voitures de fonction est entièrement déductible pour les entreprises, marquant une évolution majeure de la fiscalité automobile française.

Cette mesure considère désormais la mise à disposition d'un véhicule au salarié comme une prestation de services imposable à la TVA, à condition qu'une contrepartie financière soit établie. La déduction s'applique sur l'achat ou la location du véhicule, ainsi que sur l'entretien et les assurances, alors qu'auparavant seul le carburant bénéficiait de cet avantage.

Un atout majeur : les entreprises peuvent bénéficier d'une rétroactivité pouvant aller jusqu'à 3 ans, permettant de récupérer la TVA sur les dépenses engagées depuis 2022.

Véhicules utilitaires (VUL) et dérivés VP : l'avantage clé de la TVA

Une entreprise peut récupérer intégralement la TVA sur l'achat, la location, l'entretien et les frais liés à un véhicule s'il est considéré comme utilitaire. Lorsque le véhicule a subi une transformation pour être catégorisé utilitaire, que l’on nomme dérivé VP, il bénéficie également de cet avantage.

En cas de doute, consultez le site impots.gouv.fr ou rapprochez-vous de votre expert comptable.

Quid de la déduction de TVA sur les dépenses courantes (carburant, entretien…) ?

Les frais d'entretien et de réparation autorisent une récupération à 100 % de la TVA, mais uniquement pour les véhicules utilitaires. Concernant les dépenses de carburant, elle est variable selon le type.

Carburant TVA récupérable pour véhicules de tourisme TVA récupérable pour véhicules utilitaires (VUL)
Gazole80 %100 %
Essence / bioéthanol80 %100 %
GPL / GNV100 %100 %
Électricité100 %100 %

L'ex-TVS : comprendre les 2 nouvelles taxes sur les véhicules de société

Le 1er janvier 2022, la Taxe sur les Véhicules de Société (TVS) a été supprimée. Cette taxe était fondée sur trois composantes : les émissions de CO₂, l'ancienneté de la voiture et le type de carburant. Elle a été remplacée par 2 taxes :

  • La Taxe annuelle sur les émissions de CO₂, calculée sur le taux d'émission en g/km.
  • La Taxe annuelle sur les émissions de polluants atmosphériques, déterminée par le type de carburant, la norme Euro, et la date de 1ère mise en circulation.
  • Comme pour la TVS, seuls les véhicules particuliers sont concernés.

La taxe annuelle sur les émissions de CO₂

Elle s'applique à chaque véhicule de tourisme utilisé par une entreprise et son montant dépend des émissions de CO₂ (en g/km), selon les normes WLTP ou NEDC. Elle est calculée par tranches, de 9 à 171 g/km pour le WLTP, de 7 à 141 g/km pour le NEDC, avec des montants allant de 0 à 65 €.

En-dessous de 111 g/km (WLTP), le montant est très réduit : 4 €. Mais un modèle essence rejetant 145 g/km coûtera chaque année 50 € à l'entreprise.

La taxe annuelle sur les émissions de polluants atmosphériques (ou sur l'ancienneté)

Le tarif annuel de la taxe est calculé comme les vignettes Crit'Air sur les émissions de polluants atmosphériques, et dépend de l'appartenance du véhicule à l'une des 3 catégories suivantes :
La Catégorie E, qui regroupe les véhicules électriques ou fonctionnant à l'hydrogène, est exonérée.
La catégorie 1 regroupe les voitures aux normes « Euro 5 » et « Euro 6 », véhicules essence, hybrides et gaz, qui correspondent à la vignette Crit'Air 1. La taxe s'élève à 100 €.
La catégorie « véhicules les plus polluants », Crit'Air 2 à 5, soit l'ensemble des autres véhicules, doit s'acquitter d'une taxe de 500 €.

Vous souhaitez voir le détail sur un site officiel ? C'est ici.

Les cas d'exonération : les véhicules électriques, hybrides et utilitaires

Pour rappel, les véhicules utilitaires ne sont pas concernés par ces taxes, quelle que soit leur motorisation. Depuis janvier 2025, les motorisations hybrides ne sont plus exonérées de la taxe annuelle sur les émissions de CO₂.

Seuls les véhicules zéro émission, électriques ou hydrogène sont totalement exonérés de ces deux taxes.

Bonus et malus écologique : l'impact sur le coût d'acquisition

Borne de recharge électrique pour véhicule

Le Certificat d'Économie d'Énergie (CEE) remplace le bonus écologique

Depuis le 2 décembre 2024, les personnes morales ne peuvent plus bénéficier du bonus écologique.

Le CEE peut venir se substituer au bonus. C'est un mécanisme qui oblige les fournisseurs d'énergie à financer des actions d'économies d'énergie, comme l'acquisition d'un véhicule électrique neuf, ou une opération de rétrofit.

Sont concernés :

  • Les véhicules M1 : les voitures particulières, jusqu'au minibus de 8 places.
  • Les véhicules N1 : les utilitaires légers dont le poids total autorisé en charge est inférieur ou égal à 3,5 tonnes.

Une location est éligible si elle est au minimum de 24 mois.

Le CEE est un savant calcul basé sur un volume forfaitaire d'économie d'énergie attribué à chaque véhicule et exprimé en kWh cumac. Ce montant est multiplié par un prix au kWh négocié avec le fournisseur d'énergie.

Exemple pour un VUL : 125 000 kWh cumac × 0,00798 € = 999,69 €. Les VUL bénéficient d'un bonus qui multiplie par trois le CEE, soit près de 3 000 € pour l'exemple. Le CEE est cumulable avec les nombreuses aides que proposent les collectivités locales, régions, métropoles… Jusqu'à 16 000 € pour un utilitaire électrique !

Le malus sur les émissions de CO₂

Le malus est une taxe sur les émissions qui se règle une seule fois à l'immatriculation du véhicule, que ce soit un achat ou une location. Un nouveau barème du malus automobile est entré en vigueur le 1er mars 2025. La taxe est devenue exigible à partir d'un seuil qui a été abaissé de 4 g/km et le plafond du malus relevé de 10 000 €.

  • Le malus s'applique à partir de 113 g de CO₂/km (norme WLTP) avec une taxation de 50 €.
  • La dernière tranche s'élève à 70 000 € pour les véhicules dépassant les 193 g de CO₂/km.

Le malus au poids

Les taxes varient selon la catégorie, mais le barème de ce malus est établi simplement sur le poids indiqué sur la carte grise, et il se règle en même temps que cette dernière. Il concerne les véhicules thermique dépassant 1600 kg, avec un tarif de 10 €/kg de dépassement pour la première tranche, jusqu'à 30 €/kg au-delà de 2100 kg.

Les hybrides et hybrides rechargeables avec une autonomie inférieure à 50 km bénéficient d'une réduction de 100 kg de leur poids pour le calcul du malus.

Le cumul du malus écologique et du malus au poids est plafonné à 70 000 €.

Accéder à un simulateur

Et les occasions ?

Les taxes écologiques sur les véhicules d'occasion ont été supprimées en 2021 pour ceux qui étaient déjà immatriculés en France. Mais depuis le 1er janvier 2026, cette catégorie est soumise aux malus écologiques (malus CO2 et malus au poids) si le véhicule a profité d’une exonération lors de la première immatriculation.

Là encore, ce sont les véhicules de tourisme qui sont taxés, les utilitaires sont exonérés.


FAQ : Fiscalité des voitures de société

  • Quelle est la différence de fiscalité entre un véhicule utilitaire (VUL) et un véhicule de tourisme (VP) ?

    Les VUL sont exonérés de la plupart des taxes quelle que soit leur motorisation. Pour les VL, seuls les véhicules zéro émission ou peu polluants bénéficient d'avantages.

  • Comment calculer l'avantage en nature (AEN) pour une voiture de fonction ?

    L'AEN se calcule forfaitairement (ex : 9 % du prix d'achat TTC ou 30 % du coût annuel d'une LLD ou LOA), soit en estimant les frais engagés (location, carburant, entretien) au prorata de l'usage privé du salarié.

  • Les nouvelles taxes changent-elles tout pour ma flotte ?

    Il y a des évolutions sensibles. Les taxes écologiques ont des barèmes plus exigeants, le bonus écologique n'existe plus, remplacé par le dispositif CEE. Pour les flottes importantes, de nouvelles incitations existent pour verdir les parcs au-delà de 100 véhicules.

  • Une voiture en LLD ou en LOA a-t-elle la même fiscalité qu'un achat ?

    Oui. Sur le plan fiscal, l'achat, la LLD ou la LOA obéissent aux mêmes critères.